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Le malheur du bas, d’Inès Bayard

Reçu dans le cadre des Talents Cultura, Le malheur du bas d’Inès Bayard est le roman qui a le plus suscité mon intérêt. Il faut dire aussi que la déferlante d’avis sur Instagram a eu raison de moi !

Au risque de passer pour la rabat-joie de service, je n’ai pas aimé ce premier roman. Enfin nuançons le ressenti. Je reconnais que la plume de l’auteure est efficace, le propos est percutant et le livre est fichtrement réussi. Mais je n’ai pas « adhéré ».

Pour vous planter le décor, le livre s’ouvre sur une scène particulièrement glauque (à noter que je n’ai pas de problèmes avec les trucs glauques… Au contraire). Une jeune maman empoisonne son mari, leur petit garçon et termine en mettant fin à sa vie. Pas de panique, je ne spoile en rien l’histoire. Après ce moment morbide, on retourne quelques années en arrière à la rencontre de Marie, une jeune femme qui a tout pour être heureuse. Un chouette job, un mari aimant, des envies d’enfant… Jusqu’au moment où tout bascule. Marie est victime d’un viol. De là, c’est tout son équilibre qui est mis à mal.

« Au cœur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

J’ai adoré plonger aux origines du traumatisme et suivre la descente aux enfers de cette jeune femme. D’un point de vue psychologique, Le malheur du bas avait tout pour me plaire. D’autant plus que l’histoire est servie par un style remarquable. Les mots font froid dans le dos, bouleversent, nous font parfois perdre pied. Alors que certains ont reproché la dureté et la vulgarité des mots, j’ai surtout été malmenée par les pensées de Marie qui sont d’une grande violence.

Toute l’ambivalence de mon sentiment à l’égard du roman est là… Alors que je peinais à comprendre les pensées les plus sombres de Marie, je ne pouvais m’empêcher de ressentir de l’empathie par moments, de la tristesse souvent. J’étais furieuse envers ses réactions post-traumatisme mais je la plaignais aussi. Le livre m’a dérangée au plus haut point mais je ne pouvais plus le lâcher.

« Il n’avait existé qu’un seul drame dans la vie de Marie, suffisamment fort pour passer à l’acte. »

C’est aussi ça la force d’un roman… Etre capable de soulever tant d’interrogations, de susciter le débat, de malmener le lecteur. Dans tous les cas, je ne peux être qu’admirative d’Inès Bayard, jeune auteure de 26 ans, qui a su impressionner lors de cette rentrée littéraire.

Résumé :

« Au coeur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d’une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Le malheur du bas – Est-ce le genre de livre que vous pourriez lire ?
Et si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?

 

 

 

 

 

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2 Comments

  • Reply
    argenticfairiesentreleslignes
    3 octobre 2018 at 13 h 17 min

    Même si je sais que je vais me prendre une grosse claque, et avoir du mal à m’en remettre, j’ai vraiment très très envie de lire ce livre.

  • Reply
    Fanny
    8 octobre 2018 at 12 h 26 min

    J’espère que tu apprécieras ta lecture… De mon côté, je vais commencer La vraie vie d’Adeline Dieudonné !

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